♥️ Qui Est Le Mari D Elisabeth Levy
Cest comme un retour vers le futur, comme si nous étions en train de revivre la même situation qu'en 2017 avec des dizaines voir des centaines d'artistes qui se mobilisent pour tenter de faire
sims4 gratuit sans clé d'activation; l'appel de la foret film 2009. poisson betta sauvage; absorption du rayonnement solaire par l'atmosphère; comment déverrouiller son compte
Postéle 27 mai 2014 à 14:48:04 Avertir un administrateur j'apppele pas ça une bonnasse désolé, tu dois revoir tes critères de beauté l'auteur Perso jla trouve super mignonne sur la vidéo
ÉlisabethBadinter est l’héritière du groupe Publicis. Fondé en 1926 par son père, Marcel Bleustein-Blanchet, Publicis est devenu le numéro 3 mondial de la publicité. Philosophe, femme de lettres et féministe, Elisabeth Badinter occupe une place singulière dans le paysage des affaires. Intellectuelle et fille du fondateur, elle est
Uncouac qui a amusé sur le plateau de Pascal Praud, ce 22 mars. Aussi, Élisabeth Lévy, qui ne décolère pas après la dernière cérémonie des César, a partagé un trait d'humour qui a
quiest le mari d'elisabeth levy qui est le mari d'elisabeth levy. cardiologue salaire suisse; étude de cas bac pro commerce 2012; ça reste entre nous synonyme; Share on. qui est le
Cependant qu’en est-il de celui qui partage sa vie ? Valérie Benaïm et son mari : À savoir ! Tout commence en 1999 où la journaliste épouse Olivier Hallé, son premier mari. Ainsi, ces derniers deviennent les parents de Tom après deux ans de mariage. Cependant, Valérie Benaïm se sépare peu de temps après et déclare d’ailleurs avoir mis du temps avant de refaire
Jen’ai jamais dit à mes employeurs que j’étais aidante, sauf à mes équipes proches, car il ne fait pas bon l'être. Ce n’est pas glorieux de raconter qu’on s’occupe de sa grand
Levoile dit « non-musulman, pas touche ! » tandis que la mini-jupe signifie que tout homme peut fantasmer qu’il a sa chance, pour peu qu’il sache causer aux dames. Attention, cela ne signifie pas que toute femme en mini-jupe soit en quête d’un homme réel. On peut être équipée en mari et/ou amants et aimer susciter le trouble fugace d’inconnus qu’on aurait pu aimer et dont on
gMkPAsU. Animatrice de “Causeur”, l’auteur des “Maîtres censeurs” savoure le combat des idées sans se prendre au sérieux. Dans le Marais, facile de trouver l’immeuble d’Élisabeth Lévy Ça ressemble à la porte d’une entreprise. » On se retrouve dans un joyeux bazar où les livres investissent plusieurs pans de mur. Trois fauteuils fatigués en cuir noir se disputent la place entre un bureau surchargé et une penderie. On se croirait dans un fumoir. Ou chez baptisé “salon de réflexion”, d’abord site Internet et désormais également mensuel, dont la journaliste est rédactrice en chef depuis septembre 2007. Essayistes et chroniqueurs de tout bord y livrent leur analyse de la société et de la vie politique. Il y a une liberté totale. Il est assez rare que je pratique la censure. Il faut que les propos dépassent les bornes de l’acceptable. » Élisabeth Lévy propose du Perrier, cherche vainement un sac plastique contenant de précieux cahiers. Elle s’amuse Comme ça, ça fera de la couleur pour votre papier. » Elle les connaît, les ficelles du métier, depuis le temps qu’elle le pratique. Une baroudeuse en quelque sorte. Parce que, en plus de Causeur – où nous sommes tous mal payés pour le moment » –, Élisabeth Lévy travaille pour le Point, intervient sur Direct 8 et sur RTL, dans l’émission On refait le monde, où l’on peut entendre sa voix gouailleuse disséquer l’actualité avec d’autres polémistes. Pour presque rien. Mais plutôt que de se formaliser, elle sourit J’aime bien dire que je suis payée 150 euros la passe. » Ne pas se prendre au sérieux et débattre, elle sait faire. Et défendre des idées, quitte à essuyer le feu des polémiques. Elle avait quitté RTL et l’émission On refait le monde où elle était chroniqueuse, renvoyée par Pascale Clark, et elle est revenue y jouer les langues de vipère – titre de gloire des polémistes – quand Christophe Hondelatte a repris l’émission. Récemment, il y a eu ce duel avec Edwy Plenel, le rédacteur en chef de Mediapart, lors du débat sur l’identité nationale. Il faut être honnête, la bagarre m’amuse. Les gens qui vous cognent dessus vous font exister. » Et pourtant, cette femme menue, aux yeux bleus encadrés par une chevelure brune, refuse depuis longtemps qu’on hurle avec les loups ». Née à Marseille il y a quarante-six ans, elle commence sa carrière à l’AFP, puis au Nouveau Quotidien à Lausanne, de 1994 à 1996. Elle accompagne son complice, le journaliste et essayiste Philippe Cohen, à la création de Marianne, en 1997. Licenciée par Jean-François Kahn pour incompatibilité d’humeur, elle écrit pour le Figaro et le Figaro Magazine et couvre la guerre du Kosovo à Belgrade. En 2000, elle acquiert une petite notoriété grâce à son article Kosovo, l’insoutenable légèreté de l’information », qui crée des remous dans la profession. Elle revient sur la manière dont les médias français ont couvert le conflit et pris parti. Je voulais dire que les Serbes n’ont pas commis plus d’horreurs ou de crimes parce qu’ils sont les plus salauds ontologiquement, mais parce qu’ils sont les plus forts. » Autre article remarqué, L’antifascisme ne passera pas », au plus fort de la “quinzaine anti-Le Pen” de l’entre-deux-tours de 2002, moque l’aveuglement des “résistants” à un fascisme inexistant. Mais elle s’impose véritablement dans le paysage avec son livre les Maîtres censeurs Lattès, 2002 dans lequel elle dénonce la nouvelle censure insidieuse de la pensée unique, qui se réfugie derrière la tolérance et la bien-pensance, et un droit-de-l’hommisme devenu aujourd’hui si abstrait […] qu’il sert moins à lutter contre les tyrannies qu’à légitimer l’ordre du monde tel qu’il est ». Elle décortique ainsi une décennie d’information, privée selon elle de vrais débats d’idées. Le journalisme d’idées, elle y tient. Le journalisme est un métier intellectuel. Quand j’attaque, j’attaque sur les idées, pas sur les personnes. Cela dit, je n’ai pas peur des êtres humains. » Mais elle ne renie pas le journalisme de terrain, la séparation est impossible ». Et dans la façon dont certains le pratiquent, il y a des choses qui l’agacent, dont l’étalage des sentiments du journaliste. Votre émotion, on s’en fout. La communion universelle des médias m’emmerde. Notre boulot, c’est de donner de l’intelligibilité. » Le clivage droite-gauche, elle n’y croit pas J’ai compris un jour que je n’étais pas de gauche, mais je ne me sens pas particulièrement de droite. » De sa voix au timbre particulier, Élisabeth Lévy poursuit La gauche a un problème avec la réalité car elle fait d’une opinion une vérité, comme si on ne pouvait pas être autre chose que favorable à l’homoparentalité et qu’hostile à Nicolas Sarkozy. Ce qui la conduit à mettre une chape de plomb sur le réel et à pratiquer l’indignation à jet continu. » La conversation tourne ensuite autour de la Fondation du 2-Mars, un think tank de tendance républicaine qui a notamment soutenu la candidature de Chevènement à la présidentielle. Ses buts promouvoir la culture et les valeurs républicaines, avoir un regard critique sur la mondialisation et lutter contre la pensée unique. Un truc excitant intellectuellement et rigolo », comme Causeur. Comme tout ce qu’elle fait. Avoir de l’humour sur soi, c’est ce qui lui permet de se réconcilier avec ses adversaires et évite de garder des rancœurs. C’est une perte de temps. Même dans le cas de mon renvoi de France Culture, alors que l’émission critique des médias, le Premier Pouvoir, marchait bien. J’ai passé l’éponge, mais c’est comme ça. » Rigoler en bande, c’est son credo journalistique. Le duo qu’elle forme avec Philippe Cohen en est un exemple. Et pourtant ils ne partagent pas les mêmes opinions Philippe Cohen est plus de gauche, plus anti-Sarkozy. Mais à l’époque des nationaux-républicains, nous avons mené plus d’un combat ensemble. » Une sorte d’ouverture à la sauce journaliste. Les copains, essentiels. Même le barman du bistrot le confirme Éli, c’est une grande sœur, une copine. » Sérieuse, mais sans sombrer dans la gravité. Cet excès l’afflige J’ai l’impression que l’esprit de sérieux gagne tous les jours. » Son modèle en matière de pensée, qu’elle cite entre Proust, Nabokov et Balzac, était d’ailleurs un homme délicieux et hilarant » elle parle de Philippe Muray, essayiste et pamphlétaire, décédé en 2006 – un 2 mars, comme par ironie du sort. Le romancier et satiriste dénonçait la société moderne qui nie le réel, détruit le passé et infantilise les individus. Avec lui, elle signe Festivus, Festivus, un livre de conversations, variations autour de mêmes thèmes la fin de l’Histoire, le nihilisme festiviste, la médiocrité de la société postmoderne désormais sans repère. L’humour lui permet d’esquiver. À la question Qui auriez-vous aimé être ? », elle cite Quand Harry rencontre Sally et s’esclaffe grande, blonde, avec des gros lolos, notre cauchemar à toutes ». Des enfants ? Chacun son job. J’ai des frères et sœurs qui perpétuent l’espèce. » De sa vie privée, elle ne dira plus rien, elle ne parlera pas de sa foi ou de son absence de foi, même si elle vient d’une famille juive pratiquante. Bien sûr, je suis dépositaire d’un héritage, d’une culture. Cela oriente certains de mes centres d’intérêt, sans doute aussi mes convictions. J’espère que cela ne pèse pas sur ma réflexion. » Le reste de son histoire est celle de la méritocratie républicaine ado “emmerdante” au lycée, vexée de rater le bac à force de sécher, elle s’inscrit en histoire… et fait Sciences Po. J’ai découvert un monde dont je n’avais pas les codes. » On pense un peu à Éric Zemmour, en bottines-jean serré. Là aussi, sans entrer dans les détails, elle s’échappe d’une pirouette Pas tout à fait, comme par exemple sur la question de l’avortement, je suis moins tranchée. » On aimerait en savoir plus, mais l’entretien s’arrête là. Elle se rend rapidement au kiosque et allume une cigarette le secret de sa voix grave, qui lui permet de refaire le monde et de rire sérieusement. Cécile Thomas A lire également… Les nouveaux insoumis, par Laurent Dandrieu Finkielkraut, l’inoxydable, par Jean-François Gautier Dans nos archives Entretien avec Élisabeth Lévy "Le Bling Bling" pour tous. Partager Photo © SIPA
FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Si les actes anti-chrétiens représentent l’écrasante majorité des atteintes aux lieux de culte commises en France, on en parle trop peu au goût d’Élisabeth Lévy. La journaliste a décidé de remédier à ce silence médiatique et traite le sujet en Une du dernier numéro de Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de La Une de Causeur est consacrée ce mois-ci aux actes antichrétiens avec ce titre Ces victimes dont on ne parle pas». Ne craignez-vous pas de nourrir et l’idéologie, et la concurrence victimaire?Élisabeth C’est un risque, voilà pourquoi il faut lire Causeur, au-delà de notre Une… Car nous appelons au contraire les catholiques à ne pas tomber dans le piège victimaire . Pour autant, on peut comprendre que certains cathos en aient marre d’être les seuls exclus de la distribution de compassion publique offerte, non seulement à chaque groupe la réclamant au nom des avanies passées et présentes qu’il a subies, mais aussi à un boxeur de flics. Alors disons que cette Une est notre cagnotte pour les cathos. Les médias ont abondamment traité les turpitudes de certains prêtres et le silence de l’Église à leur sujet - non, parfois, sans une pointe de joie mauvaise peut-être inconsciente. On a exprimé pour la tristesse des catholiques trahis par leurs guides une sollicitude bruyante. Tout cela est légitime. Reste que, si nombre de ceux qui s’indignaient hier que l’on parle des racines chrétiennes de la France câlinent aujourd’hui le catho malheureux, c’est peut-être parce que son malheur a été causé par d’autres catholiques - et non des moindres. On s’entre-accuse souvent, dans le débat public, de préférer certaines victimes à d’autres, mais peut-être choisit-on moins ses victimes que ses coupables. Il nous a donc semblé juste d’attirer l’attention sur un plus petit malheur, un malheur à bas bruit qui fait peu de victimes, mais dont l’ampleur nouvelle, et plus encore l’indifférence qu’il suscite, disent peut-être quelque chose de nous. Les médias ont abondamment traité les turpitudes de certains prêtres et le silence de l’Église à leur sujet – non, parfois, sans une pointe de joie mauvaise peut-être inconsciente. Sur les quelque mille atteintes aux lieux de culte de gravité variable recensées par le ministère de l’Intérieur, les églises et cimetières chrétiens représentent 75 à 90 % de l’ensemble. Or, quand le président se rend promptement sur des tombes juives profanées, et, dans un autre registre, quand tous les JT rendent compte de l’attaque d’un temple franc-maçon par des gilets jaunes», seule la presse de droite» évoque les profanations autrement que par des brèves, comme s’il était acquis que les cathos ne sont plus qu’une sous-tribu de la famille réac, dont on chante en même temps la disparition prochaine sous les coups bienveillants du progressisme et la force menaçante et montante sous les traits du lire aussiÀ quoi bon défendre les chrétiens? Ça ne rapporte rien!»Les catholiques restent souvent discrets, pour se montrer dignes face à ces attaques. Cela change un peu des plaintifs... CauseurCertes, le chœur victimaire est déjà fort bien pourvu - du reste, les cathos peuvent individuellement y participer à d’autres titres. Et l’initiative de députés qui veulent créer un délit de cathophobie» était pour le moins désolante. Nous n’avons nullement besoin que les cathophobes» viennent s’ajouter aux autres malfaisants dans la cage aux phobes» cauchemardée par Philippe Muray et faite par les bons soins de la gauche terranoviste. En effet, au moment où les cathos deviennent concrètement minoritaires, comme le montre Jérôme Fourquet, la tentation est grande pour eux de se penser comme une minorité et de réclamer les égards afférents à ce statut. Mais s’ils sont, comme l’a dit Manuel Valls après l’assassinat du père Hamel, l’âme de la France», ils ne peuvent pas être en même temps une minorité parmi d’autres. Le catholicisme n’est pas seulement une religion, il est notre terreau culturel - il s’agit précisément de savoir s’il l’est toujours. C’est d’ailleurs en raison de son statut d’ancienneté et de majorité que les tribunaux l’ont longtemps prié d’avoir le cuir plus épais que les autres face à la caricature. Reste à savoir si, faute de remplir les églises, il doit aujourd’hui être dépouillé des derniers bénéfices symboliques de ce statut. Bref, devons-nous, parce que nous avons cessé d’être catholiques, oublier que nous l’avons été?On dirait que vous regrettez l’emprise de l’Église sur la société... Nous avons besoin d’une culture de référence, d’un récit national qui accommode nos gènes gréco-latins, catholiques et révolutionnaires. Bien sûr, et aussi le temps où les honnêtes femmes se mariaient! Non, je ne regrette nullement le temps où nous vivions sous l’empire des diktats divins et je préfèrerais que toutes les sociétés vivent à leur tour la sortie de la religion. Le règne de l’Église sur les esprits est révolu et on ne s’en plaindra pas. Comme religion, cela fait longtemps que le catholicisme est devenu une affaire privée, autrement dit qu’il s’est adapté à la laïcité, et que les cathos vivent-ensemble avec les bouffeurs de curé. Aujourd’hui, alors que seulement une moitié des Français se déclare catholique et que 5 % de cette moitié soit 2,5 % des Français se rend à la messe au moins une fois par mois, notre ennemi, ce n’est plus vraiment le cléricalisme - enfin pas celui-là -, mais l’oubli de ce que nous sommes, l’effacement des traces et parfois des pistes léguées par les siècles passés. En somme, peut-être sommes-nous en train de cesser d’être des catholiques-zombies», le nom désobligeant qu’Emmanuel Todd a donné à ce que j’appellerais les cathos culturels. Je ne suis pas sûre qu’il faille s’en réjouir. Nous avons besoin d’une culture de référence, d’un récit national qui accommode nos gènes gréco-latins, judéo-catholiques et révolutionnaires. Si nous y renonçons, ne doutons pas que des récits concurrents, et fallacieux, comme celui qui nous explique que l’islam est une religion aussi française que le catholicisme, occuperont le terrain a-t-il pas des raisons objectives au fait que la profanation des églises suscite moins d’indignation que celle des cimetières juifs, des synagogues ou même des mosquées? D’après le ministère de l’Intérieur, cela est souvent l’œuvre de marginaux ou de petits délinquants il n’y a pas dans ces actes la même charge idéologique...Évidemment, ce n’est pas la même chose et personne ne prétend le contraire, à commencer par l’Église qui fait profil bas. D’abord, dans la plupart des cas, les actes anti-chrétiens ne visent pas des personnes mais des bâtiments, ensuite ils traduisent plus souvent l’ennui ou le désœuvrement que la haine. On peut profaner une église sans éprouver de sentiment négatif pour les catholiques. On comprend aisément qu’il en va différemment d’attaques contre des synagogues ou des mosquées. L’église fait partie du paysage, ce n’est pas comme pièce rapportée» qu’elle est agressée, mais parce qu’elle est, comme le dit le proverbe, au milieu du village. Toutefois, depuis les attentats avortés contre des églises et l’assassinat du père Hamel, nous savons que, si les chrétiens ne sont pas ici en première ligne du choc des civilisations dont ils sont les otages au Moyen Orient, ils sont eux aussi dans la ligne de mire des djihadistes qui appellent volontiers à tuer des juifs et des infidèles. Alors certes, aucun Merah n’est entré dans une école catholique et c’est tant mieux. Il ne s’agit pas de savoir qui sont les chouchous du malheur», pour reprendre une expression d’Alain Finkielkraut, mais de s’interroger sur nos compassions sélectives. Pourquoi le spectacle de la cathédrale de Lavaur profanée par des gamins nous émeut-il infiniment moins que celui de la porte d’un ministère saccagé?Eh bien oui, pourquoi? Le seul sacré que connaît le progressisme, c’est celui des droits individuels. Pour le philosophe Olivier Rey et le théologien Jean-François Colosimo, l’absence de toute motivation idéologique des profanateurs d’églises et notre indifférence collective à leurs forfaits révèlent surtout que le sacré a déserté nos existences, ne serait-ce que comme adversaire à abattre. Rey estime que l’Église y a contribué en affadissant son discours. Il est vrai que, quand j’étais ado, l’aumônerie que fréquentaient mes copains était un endroit assez attirant où on draguait et jouait de la guitare. Pour ma part, j’ai du mal à adhérer à la déploration de notre vide spirituel, sans doute parce que j’ai une faiblesse coupable pour la société libérale. On peut en même temps se réjouir que l’humanité soit confrontée à cette vertigineuse liberté et regretter que nous ayons renoncé à tout sacré de substitution, sans lequel nous ne savons plus vraiment comment faire peuple. On pourrait penser que la République est désormais pour nous plus sacrée que l’Église, mais c’est de moins en moins vrai, comme le démontre mélancoliquement Régis Debray. Le seul sacré que connaît le progressisme, c’est celui des droits reprochez aux médias de se focaliser davantage sur les affaires de prêtres pédophiles. Mais là aussi, cela touche des personnes et non des pierres. Vous ne pouvez pas tout mettre sur le même plan!Et nous ne le faisons pas. Je me permets d’ironiser légèrement sur les grandes marques d’affection qui entourent aujourd’hui les catholiques déboussolés par ces affaires. On s’inquiète jusque sur le plateau de Yann Barthès du malaise de l’Église et de la crise des vocations qui ne va pas s’arranger avec tout ça. Il y a six ans, quand les mêmes paroissiens défilaient contre le mariage pour tous», un tombereau d’injures et de sarcasmes se déversait sur eux. Peut-être espère-t-on secrètement, dans les curies médiatiques, que ces déboires vont en déciller quelques-uns et les convertir à la vraie religion - celle du partie des catholiques refuse désormais de tendre l’autre joue et s’indigne d’un deux-poids, deux-mesures. Cela signifie-t-il qu’en dépit de vos appels, les catholiques sont en train de devenir une minorité comme les autres?C’est une tendance, mais je n’ai pas le sentiment qu’elle soit majoritaire, même si certains députés surfent dessus dans un esprit vaguement clientéliste. C’est un piège. De surcroît, les flopées de déclarations, de mobilisations et de nous ne céderons pas» n’ont pas fait reculer l’antisémitisme d’un iota. En réalité, le mimétisme victimaire ne ferait qu’accélérer le déclassement du catholicisme, de substrat culturel majoritaire en religion minoritaire. Les cathos auraient tort de troquer les vestiges de leur droit d’aînesse contre des nounours, des bougies et des grands discours.
Ainsi donc, la France de 2012 est-elle une prison idéologique, un asile psychiatrique où l’on tente d’enfermer, pour les faire taire, une poignée de journalistes francs-tireurs » ils utilisent volontiers le vocabulaire de la résistance au nazisme que nos confrères du Nouvel Observateur, du Monde et des Inrockuptibles ont qualifiés de néoréactionnaires ». Ce groupuscule de dissidents – c’est ainsi qu’ils se vivent – vient de trouver un porte-plume de grand talent en la personne de Mlle Lévy – sa dernière livraison, la Gauche contre le réel, mérite qu’on s’y arrête, qu’on la détaille, qu’on en rigole souvent et qu’on s’en inquiète parfois. Résumons le propos et l’intention. Ils sont donc cinq – Eric Zemmour le Figaro Magazine, RTL, M6 et Paris Première, Ivan Rioufol le Figaro et RTL, Eric Brunet une émission à grand succès sur RMC Info, Robert Ménard Médias, i-Télé et Sud Radio et la très douée Mlle Lévy Causeur, le journal et le site Internet, et RTL – à vivre un calvaire la gauche – concept on ne peut plus flou dans le livre de Mlle Lévy, puisque tout opposant aux thèses des néoréacs est au moins complice de ladite gauche à la fois magique et diabolique – vise en permanence à les étouffer, à les faire taire, à interdire l’expression publique de leurs opinions, bref, à les censurer. Mlle Lévy, maquillée en pleureuse, n’hésite pas à établir une comparaison entre Zemmour, la star du groupe, l’une des principales vedettes du journalisme français – c’est dire si sa liberté est menacée –, et… Charlie Chaplin, chassé des Etats-Unis par l’inquisition maccarthyste. Heureusement, le ridicule n’interdit pas d’écrire tout de même un bon livre… Mlle Lévy reproche à la gauche d’avoir renoncé au réel », c’est-à-dire d’avoir abandonné le peuple. Nous n’avons à cet instant aucune raison de nous opposer à elle, puisque nous avons créé Marianne il y a quinze ans, en avril 1997, notamment pour contraindre la gauche à revenir au réel. Mlle Lévy faisait d’ailleurs partie de notre équipe fondatrice et, depuis, nous avons conservé, elle et moi, des liens d’amitié forts. Mais les divergences, elles, se sont amplifiées. Jusqu’à la rupture ? avons été, et nous resterons, hypercritiques envers la gauche, envers le PS, envers certains intellectuels ralliés à la gauche de gouvernement – leur vision de la France et des Français, leur analyse de la crise et des dégâts provoqués par le capitalisme financier sont somme toute assez éloignées des nôtres. Il y a pourtant un langage commun, des passerelles, des chemins à emprunter pour mieux se comprendre. Avec Mlle Lévy et ses comparses, je ne crois pas. Leur France n’est pas la nôtre, et vice versa. Jamais nous n’avons cessé de nous en prendre à la gauche morale » quant à sa vision angélique de l’immigration. Il va de soi que l’immigration pose de graves difficultés à la société tout entière, et aux immigrés d’abord. Jean-François Kahn et Jacques Julliard l’ont signifié ici et ailleurs sur tous les tons. Et nous sommes fiers d’avoir su faire preuve de cette lucidité – oui, lucidité – qui va jusqu’à soutenir le droit des immigrés à participer aux élections locales. C’est en raison de cette lucidité que la violence, le dédain, le mépris de Mlle Lévy ne nous laissent pas indifférents, et que, par moments, cette violence, ce dédain, ce mépris nous fontt un peu honte car, même de loin, elle appartient toujours à notre famille. Comment peut-on écrire sans tressaillir – quand on connaît l’état d’humiliation dans lequel vivent la plupart des immigrés, qui cherchent à ne pas faire de bruit, surtout pas, à être discrets, encore mieux, invisibles – que les Français aimeraient bien que les derniers arrivés n’exigent pas qu’on refasse la déco, change le règlement intérieur et réécrive toute l’histoire » ? Dans quel pays vit Mlle Lévy et ses compagnons de route ? Certainement pas dans le pays réel ». Mlle Lévy ferait bien de le fréquenter davantage, ce pays réel ». Cela lui éviterait quelques stupidités d’anthologie. Il vaudrait mieux, par exemple, qu’elle ne se pique pas d’humour. Pour mieux dessiner les traits d’une France attentatoire aux libertés, elle explique, non sans ridicule, que sont proscrites les blagues faisant référence aux juifs, aux Arabes, aux Noirs et aux homos le politiquement correct, alors qu’il est de bon ton de s’en prendre aux mâles blancs hétérosexuels, façon habile, croit-elle, de prendre la défense de Dominique Strauss-Kahn. Mlle Lévy ne doit pas fréquenter les mêmes dîners que moi. Je n’y entends que des bons mots » sur les juifs, les Noirs, les Arabes et les gays. Sans d’ailleurs qu’il soit aussitôt utile de hurler au racisme, à l’antisémitisme ou à l’homophobie. Mais, pour le pauvre homme blanc maltraité, Mlle Lévy et ses acolytes repasseront. Cet exemple peut sembler, à juste titre, futile. Il éclaire toutefois un enfermement sectaire. Et il serait facile, trop facile, de multiplier les exemples, tous sidérants, tous stupéfiants. L’analyse du quinquennat de Nicolas Sarkozy se résume à une aubaine pour tous ceux qui cherchent un sujet d’indignation quotidien à se mettre sous la dent ». Ça, c’est de l’analyse, de la réflexion, du lourd… Et je n’insiste pas sur cette saillie précisant qu’un petit patron qui refuse d’embaucher un juif, un Noir ou un Arabe n’est pas en principe raciste, mais qu’il s’agit plutôt d’une version personnelle du principe de précaution ». Oui, c’est écrit et j’aimerais savoir ce qu’en pense Alain Finkielkraut, à qui Mlle Lévy dédicace ce livre. Tout ce qui précède pourrait prêter à sourire si Mlle Lévy, une amie, je le répète, ne s’évertuait pas, de la première à la dernière page, à blanchir le Front national, à républicaniser » Marine Le Pen, à se féliciter et à la féliciter de son discours laïc, républicain et étatiste ». Et de s’emporter contre ceux j’en fais partie qui ont décrété cette mutation exclusivement tactique ». Puisque les derniers feux de la campagne présidentielle nous donnent raison, je ne doute pas que Mlle Lévy le reconnaisse au plus vite. Cela arrangerait son cas. Parce que les approximations, les semi-vérités et, quelquefois, les mensonges ne la troublent guère. Trois exemples. Mlle Lévy écrit En imposant l’idée que les électeurs frontistes étaient d’authentiques fascistes [...]. » Nous n’avons jamais cessé de raconter et de préciser l’inverse. Nous n’étions pas isolés, puisque, dans le Nouvel Observateur, organe de la gauche bien-pensante, dit-on, notre confrère Claude Askolovitch n’avait cessé de le faire comprendre. Mais cela gêne Mlle Lévy. Elle nous fait procès d’avoir fait échouer avec hystérie » le débat sur l’identité nationale proposé par le ministre Besson, en novembre 2009, puisque, précise Mlle Lévy, tout débat sur l’identité nationale est insupportable ». Faux. Au nom de Marianne, j’ai accepté la proposition d’Eric Besson, avant de me rétracter et de combattre cette initiative pied à pied. L’UMP en avait fait, n’en déplaise à Mlle Lévy, une machine à humilier les musulmans. La dignité voulait qu’on le fasse remarquer et je m’arrêterai sur cette apostrophe de Mlle Lévy Il déplaît à nos bons esprits qu’on parle de l’islam autrement que pour en célébrer les vertus civilisatrices. » C’est à ce point hors de propos que toute remarque devient superflue. Que Mlle Lévy ne s’inquiète pas elle demeure une amie, les colonnes de Marianne lui sont ouvertes, et son livre rencontrera le succès. Il est furieusement à la mode. La nouvelle pensée correcte, conforme, convenable, c’est la sienne. La Gauche contre le réel, d’Elisabeth Lévy, Fayard, 324 pp., 19 €.
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